Le blog de lapetitecharlotte.erog.fr
Je déambule, le long des rues sans but précis, portée par mes pas et la pente de la route. Seuls s’accrochent à mon vague sourire les regards tantôt légers, tantôt inquisiteurs qui cherchent à déceler un signe de ma part, une petite aspérité sur laquelle ils pourraient s'agripper à une particule d’espoir. Insérer le bout d’un ongle d'un début de rêve à deux et retenir cet être songeur perché là haut sur ses deux pointes d’escarpins, d’où émanent les fortes phéromones sucrées qui les fascinent autant que le galbe parfait de mes longs mollets bronzés.
Je vois sans les regarder, leur laissant juste la fugace lueur d’un reflet sur mes yeux et la légère fragrance de mon parfum pain d'épice, leurs esprits gourmands tendus comme des têtes de gargouilles, aspirant à combler leur vide par le plaisir qu’ils ressentent à ma simple apparition dans le cercle de leurs pauvres sens sevrés depuis trop longtemps.
Est-ce mon port de tête, mes cheveux dorés dans le vent, serrés dans un anneau. Ou plutôt la coupe de ma jupe taillée au ras de la pointe de mon string, que les même les caniches suivent des yeux à mon passage, tirant sur leur laisse langue pendante. Sans cesse je sens les hommes me fixer, quelques femmes aussi ont un regard complice, mais si la plupart tordent le nez et font la grimace, cela rend toujours plus sensuels mes geste et ma démarche. Des rougeurs sur un visage où mes yeux ont trébuchés, une bouche qui s’ouvre et qui se fige dans le vent de mon pas, qui jamais ne s’arrête et qui danse sur les pavés, toujours plus loin…